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Des notes végétales
Italie
4 g de feuilles pour une tasse de 50 cl
Une eau à 95 °C
10 minutes, à adapter selon vos goûts
Toute la journée
tiges et fleurs de génépi (100%)
à l'abri de l'air, de l'humidité et de la lumière
Le génépi n'est pas une plante mais plusieurs : le nom regroupe des armoises du genre Artemisia, dont les plus connues sont Artemisia umbelliformis, le génépi blanc, aussi appelée Artemisia mutellina, ainsi qu'Artemisia spicata et Artemisia glacialis.
Ce sont de petites vivaces, rarement plus hautes que 20 cm, qui poussent sur les pentes rocailleuses, les moraines et les éboulis de haute altitude, généralement entre 1 800 et 3 200 mètres. Leurs feuilles duveteuses, gris-vert argenté, et leurs tiges fines portant de petites fleurs jaunes les protègent du froid, du vent et d'un ensoleillement violent.
Ces armoises sont devenues rares. Leur cueillette est réglementée dans la plupart des départements alpins, souvent limitée à une poignée de brins par personne et par an, sous le contrôle des parcs naturels ou des gardes forestiers.
Leur parfum est puissant et complexe : de la fraîcheur, de la résine, et quelque chose de franchement sauvage.
Le génépi se boit traditionnellement en infusion. Les feuilles et les fleurs séchées donnent une tisane délicatement amère, herbacée et résineuse, que l'on sert après le repas.
Pour une bonne infusion, déposez 4 g de brins et de fleurs dans une boule à thé, versez 250 ml d'eau bouillante et laissez infuser 8 à 12 minutes. Filtrez soigneusement pour ne garder que le liquide, couleur paille. À boire nature, ou avec une pointe de miel.
En cuisine, il s'emploie avec parcimonie pour parfumer une sauce, une viande, un fromage ou un dessert, dans la tradition alpine.
C'est elle qui a fait la célébrité de la plante. Elle s'obtient par macération des brins fleuris dans un alcool fort, traditionnellement un alcool agricole titrant 40 à 55 degrés, puis sucrage. Le résultat est intense, floral, légèrement poivré.
Elle se boit en apéritif, plus souvent en digestif*. Certains producteurs ajoutent du sucre ou du miel pour adoucir l'amertume.
Il existe autant de recettes que de familles de montagnards, chacune gardant son secret : le moment de la cueillette, les proportions, la durée de macération.
On peut aussi s'en servir pour flamber un dessert, une tarte sablée par exemple, ou pour relever une crème brûlée.
Ces informations sont fournies à titre documentaire et ne constituent pas un conseil médical. En cas de doute, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Cette page présentait le génépi comme un « digestif naturel » et expliquait que « son amertume stimule la sécrétion des sucs gastriques et la motilité digestive ». Nous avons retiré ce mécanisme : c'est une allégation de santé, et elle n'est pas autorisée sous cette forme.
Ce que la fiche disait déjà, et que nous maintenons, c'est qu'aucune étude clinique de grande ampleur ne valide de propriétés médicinales au génépi. Ce n'est pas un médicament, et son usage relève de la tradition. La seule monographie européenne du genre Artemisia porte sur Artemisia absinthium, la grande absinthe, qui est une autre espèce : elle ne se transpose pas au génépi.
Un point de prudence, en revanche, mérite d'être écrit. Le génépi contient des huiles essentielles riches en camphre et en thuyone, molécule dont les teneurs dans les aliments et les boissons font l'objet d'une réglementation européenne. C'est une plante à consommer avec mesure, et l'infusion ne remplace pas une consultation en cas de troubles digestifs persistants.
Le génépi pousse là où il est difficile d'aller, et cela explique à peu près tout de son statut. Longtemps réservé à un usage familial ou local, il a nourri quantité de récits.
Au XIXe siècle, des bergers prenaient de vrais risques pour atteindre des touffes accrochées à des parois presque verticales. Un code non écrit voulait qu'on n'arrache jamais la touffe entière, pour que la plante reparte, et qu'on cueille à la Saint-Jean ou après la première gelée, quand les arômes sont au mieux.
Des légendes racontent que l'infusion se buvait avant les expéditions en haute montagne, pour tenir au froid et à l'effort. On raconte aussi l'existence de passeurs de génépi, qui transportaient clandestinement de gros bouquets d'une vallée à l'autre pour les distillateurs, dans une ambiance de contrebande.
Obtenir une bouteille de vrai génépi artisanal reste aujourd'hui une affaire de relations. Certains alpinistes offrent la leur en cadeau d'honneur, les fêtes de village réservent une place à la dégustation des liqueurs maison, et la transmission des recettes est toujours vivace.
Face à la raréfaction de la plante sauvage, la cueillette est désormais encadrée. C'est une bonne nouvelle pour la plante, et cela explique aussi pourquoi le génépi séché n'est jamais bon marché.
* L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Josette F.
Parfait
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