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Toutes les cuisines du monde
Des notes terreuses de sous-bois, fruitées, fleuries et d'agrumes
À consommer concassé en mouture grossière
Ne supporte pas les hautes température, privilégier l'ajout au moment du service
Assaisonnement, viandes, poissons, légumes, fromage, desserts
Madagascar
poivre sauvage rouge de Madagascar (100%)
à l'abri de l'air, de l'humidité et de la lumière
Découvert par les gastronomes européens il y a quelques décennies seulement, ce poivre pousse à l'état sauvage sur des lianes qui grimpent le long des grands arbres, au cœur des forêts tropicales humides du sud-est de Madagascar.
Voatsiperifery : ce nom malgache n'est pas simple à prononcer pour une bouche française, alors autant le dire tout de suite, il se prononce Vouatsiperifer. En malgache, voa signifie fruit, et tsiperifery est le nom de la plante.
La liane appartient bien au genre Piper, la même famille botanique que le Piper nigrum L. des poivres de table : c'est donc un vrai poivre, et non une baie poivrée. Le commerce la désigne sous le nom de Piper borbonense, et c'est ce nom que nous portons sur la fiche.
Il faut toutefois savoir que cette identification reste débattue. L'espèce décrite à l'origine sous le nom de Piper borbonense a été rattachée aux Mascareignes, La Réunion et Maurice, et les botanistes qui travaillent aujourd'hui sur la liane malgache considèrent qu'elle n'a pas encore reçu de nom scientifique propre. Autrement dit : le produit est parfaitement identifié dans l'assiette, un peu moins dans les herbiers. On le trouve d'ailleurs sous quantité d'appellations locales, bétel marron, poivrier sauvage, betalle, liane poivre ou petite lingue à La Réunion.
Comme le cubèbe, le grain porte un petit appendice caudal, ce qui vaut au Voatsiperifery le surnom de cubèbe du pays à Maurice. On les distingue cependant sans peine : le grain de Madagascar est plus petit et sa queue, plus longue, est légèrement tordue.
Ces petits grains rouges et fripés expriment des notes olfactives complexes, boisées, fruitées, fleuries, avec une fraîcheur d'agrumes. En bouche, un piquant incisif s'apaise rapidement et laisse la place à la richesse de ses huiles essentielles. Il développe d'abord des arômes d'herbe et de sous-bois, qui s'estompent pour laisser s'épanouir des notes terreuses, boisées et résineuses. On y distingue une saveur de pignon de pin enrobée d'une rondeur qui rend l'ensemble très chaleureux. Goûter ce poivre, c'est se retrouver au milieu de la forêt malgache.
C'est le plus rond et le plus résineux des trois Voatsiperifery : le noir est plus camphré et plus mordant, le blanc plus fin et plus anisé.
Les premiers cueilleurs des baies de tsiperifery appartiennent à l'ethnie Tanala, littéralement les hommes de la forêt, qui vit dans le massif de l'Ikongo, dans la région de Fort Carnot. Dans cette zone, la récolte commence vers la fin du mois de juin et s'étend jusqu'en décembre.
C'est là que se joue la différence entre les trois couleurs. Pour obtenir le rouge, les cueilleurs attendent les baies arrivées à maturité, donc les toutes dernières semaines de la campagne. Le grain a alors accumulé ses sucres et ses résines, ce qui explique sa rondeur et l'apaisement rapide de son piquant.
La cueillette est éprouvante, et franchement dangereuse. D'abord parce qu'elle se déroule en plein cœur de la forêt tropicale, dans une végétation dense, sous un climat humide, sur des sentiers escarpés parfois impraticables. Ensuite parce que les fruits, qui cherchent le soleil, se développent dans la canopée, souvent bien au-delà de quinze mètres de hauteur : il faut grimper. Il faut enfin tenir compte de la forte teneur en eau de la baie fraîche, qui la rend fragile au transport.
Les cueilleurs sont le plus souvent des paysans : ils ne sont pas organisés et ne disposent pas des infrastructures nécessaires à la transformation des baies. C'est donc le collecteur qui prend le relais. Celui-ci fait le tour des marchés pour acheter les baies de qualité, puis se charge du séchage et du tri. Le poivre sauvage que nous vous proposons est issu d'une sélection rigoureuse à ces deux étapes, qui déterminent l'essentiel du résultat en bouche.
Ce poivrier poussant de manière entièrement spontanée, il ne reçoit ni pesticide ni engrais. Mais son mode de récolte lui interdit précisément de porter le label Agriculture biologique, qui certifie une conduite de culture : on ne certifie pas une forêt.
Une cueillette périlleuse et une zone géographique restreinte et difficile d'accès suffisent déjà à en faire l'un des poivres les plus rares au monde. Les chiffres achèvent de l'expliquer : un cueilleur ramasse en moyenne 5 kg de baies par jour, il faut environ 10 kg de baies fraîches pour obtenir 1 kg de poivre séché, et la liane ne fructifie qu'une année sur deux.
La production ne peut se faire qu'à petite échelle, et la demande mondiale, elle, ne cesse de croître. Cette tension pousse certains cueilleurs à couper la liane, voire à abattre l'arbre qui la porte, pour récupérer les fruits sans avoir à grimper. Ce n'est pas un trafic, c'est une méthode de récolte : plus rapide, plus rentable à court terme, et destructrice. La liane meurt, l'arbre aussi, et avec eux la station de production.
Les conséquences dépassent la seule espèce. L'ouverture de la canopée fait chuter l'hygrométrie et augmenter la luminosité, ce qui déséquilibre tout le sous-bois. C'est un cas d'école de ressource sauvage victime de son succès gastronomique.
Des chercheurs d'Antananarivo travaillent avec les populations locales pour apprendre à cultiver cette liane. L'objectif est double : préserver la ressource et la biodiversité de son milieu naturel, et permettre de répondre à la demande sans prélever davantage en forêt. C'est aujourd'hui la solution la plus sérieuse sur la table, et nous suivons ces travaux de près.
De par sa petite taille, ce poivre se consomme plutôt concassé que moulu. Comme tous les poivres, il ne supporte pas les cuissons à trop haute température, qui le rendent amer et détruisent ses arômes les plus fins. Une mouture grossière au moment du service reste la meilleure façon de le servir.
À Madagascar, l'usage du Voatsiperifery n'est pas très répandu. Il est parfois employé frais, en version verte, dans certains plats traditionnels et dans des macérations relevées de piments.
Il fera merveille sur vos salades, en particulier une salade de pommes de terre, avec laquelle il s'entend remarquablement bien. Essayez aussi un carpaccio de thon à la mangue nappé d'une vinaigrette acidulée au Voatsiperifery.
Ses parfums subliment le porc et l'agneau. Une simple escalope de porc grillée, quelques oignons revenus à l'huile d'olive, un déglaçage au vinaigre balsamique, un peu de crème et une mouture de poivre sauvage : le résultat dépasse de loin la somme des ingrédients. Côté poisson, concassez quelques grains à la sortie du four sur des papillotes de cabillaud, et le tour est joué. Enfin, pour un repas de fête, quelques grains concassés sur une tranche de foie gras suffisent.
Fromage blanc ou fromage de chèvre frais : c'est l'une des associations les plus faciles à réussir avec ce poivre, et l'une des plus surprenantes.
Le Voatsiperifery rouge est étonnant sur presque tous les fruits juteux, melon, mangue, fraises, cerises ou poires. Sur le chocolat, ses notes résineuses font un contrepoint remarquable.
La liane pousse le long du tronc des grands arbres, dans les forêts humides de l'est et du sud-est de l'île, et ses fruits se logent principalement dans la cime, là où la lumière arrive. Elle est dioïque : les fleurs mâles et les fleurs femelles se développent sur des pieds différents, ce qui complique encore la localisation des stations productives et explique en partie l'irrégularité des récoltes.
Contrairement à la plupart des épices, ce poivre n'a jamais connu de phase de domestication : il est entré directement de la forêt malgache aux tables de la gastronomie européenne, en une poignée d'années. C'est ce qui fait tout son intérêt, et toute sa fragilité.
Stéphane P.
Good
Agnes M.
Très parfumé et très goûtu
Eric E.
Idem réponse précédente
Helene r.
Excellent
Marie-hélène B.
En complément du poivre noir, excellent
Voir les 151 avis sur le produit Poivre sauvage rouge de Madagascar (Voatsiperifery)
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